En 1939, la Suède avait organisé une exposition mondiale du Sport, nommée Lingiad, pour marquer le centenaire de la mort de Pehr Hernik Ling, fondateur de la gymnastique suédoise et l’un des principaux promoteurs de l’éducation physique. Après le succès de cette dernière, il fut décidé de répéter cet événement, cette fois-ci sous l’égide du Bureau International des Exposition (BIE), dont la 23e session de l’Assemblée Générale en octroya la reconnaissance le 13 juin 1949. Le thème retenu dans sa forme longue était alors « Vue d’ensemble sur l’état actuel du sport et de la culture physique dans tous les pays du monde à l’occasion du centenaire de la mort de M. Ling, fondateur de la gymnastique suédoise ».

La Lingiad de 1949, contrairement aux Jeux Olympiques, était organisée comme un festival de gymnastique non-compétitif, encourageant la participation du plus grand nombre et la pratique collective. Ce mouvement s’était développé en opposition aux sports de compétition et aux sports élitistes qui commençaient à connaître un succès grandissant à l’époque. À un moment où de nouvelles technologies et nouveaux moyens de transports tels que la voiture se développaient rapidement, l’Expo 1949 était l’occasion d’attirer l’attention du public sur la pratique d’activités physiques encourageant, à travers diverses activités en plein air, une meilleure santé. La Lingiad permettait également de montrer au public les bénéfices de la pratique d’activités physiques en termes de socialisation, de partage, de communication, et de solidarité entre chaque participant.

Le programme

L’Exposition eut lieu autour du stade de Stockholm, initialement conçu et bâti pour les Jeux Olympiques de 1912. Au total, 14 pays prirent part à l’Expo 1949 Stockholm.

Parmi les différents événements organisés, l’un des plus populaire fut le Festival Mondial de Gymnastique du 28 au 31 juillet 1949. Pendant ces quatre jours, près de 14 000 gymnastes participèrent à l’événement, 5 000 femmes au foyer suédoises y firent leurs mouvements à l’unisson et des spectacles de danse folklorique de participants âgés de 5 à 64 ans y furent organisés. Les participations internationales y étaient tout aussi impressionnantes avec par exemple 400 hommes et femmes athlètes britanniques, ou encore une équipe de 200 danseurs estoniens rappelant par leurs représentations, les luttes récentes de leur nation. L’Inde, pays alors ayant récemment accédé à son indépendance, y fut également représentée, avec une équipe composée de diverses ethnies et religions qui y reçut un fervent accueil pour ses démonstrations gymnastiques inspirées de la pratique du yoga.

L’Exposition eut également au programme le Congrès mondial de la Culture Physique, du 1er au 6 août et le Camp de Gymnastique Internationale à Malmkoping du 7 au 13 août. Tout au long de l’Expo 1949, des formations internationales de gymnastique étaient par ailleurs données à l’Institut Royal du centre de Gymnastique de Stockholm, fondé en 1813 par Ling, et dans le gymnase de l’association du lycée Folk à Lillsved.

L’héritage

Lors de l’Expo 1949, la Fédération Internationale de Gymnastique (FIG) tint son congrès durant lequel le délégué néerlandais proposa l’idée d’une célébration régulière de la gymnastique, se basant sur le succès de la Lingiad. L’idée fut approuvée par la FIG en 1950, et le premier festival fut alors organisé à Rotterdam en 1953. Le « World Gymnaestrada » devint alors le successeur de la Lingiad, et se déroule depuis tous les quatre ans. Conservant le concept originel de la Lingiad, l’événement met toujours davantage l’accent sur les performances de gymnastique collective que sur la compétition.